Université York
Novembre 02, 2015

Aujourd’hui, l’OCI procède au lancement officiel de son Espace de travail communautaire sur l’itinérance. Cet espace de travail est une plateforme en ligne gratuite destinée aux représentants communautaires, aux fournisseurs de services et à tous ceux et celles qui travaillent dans le secteur de l’itinérance. Cette plateforme leur permet de collaborer, de communiquer de l’information et d’échanger des ressources.

Ensemble, nous avons fait de grands progrès afin de mieux comprendre l’itinérance au Canada. C’est grâce à la recherche, à la collaboration soutenue et à l’engagement d’un grand nombre de personnes que nous savons maintenant ce qu’il faut faire pour mettre fin à l’itinérance.

L’Espace de travail communautaire sur l’itinérance est conçu pour améliorer cette collaboration. La plateforme en ligne permet aux membres de la collectivité de se rencontrer et d’apprendre les uns des autres. Au fil du temps, l’Espace de travail deviendra un carrefour de connaissances et la destination première pour échanger des idées.  

Ce lancement survient à un moment charnière. En 2016, les collectivités de partout au pays mettront en œuvre leur premier dénombrement ponctuel sur l’itinérance dans le cadre du dénombrement coordonné de la SPLI. Heureusement, les collectivités n’auront pas à réinventer la roue. En effet, partout au pays, y compris à Toronto, Vancouver et Calgary, elles ont mené de nombreux dénombrements. En 2014, les 7 villes de l’Alberta ont organisé le premier dénombrement coordonné à l’échelle de la province – il y a de nombreuses occasions pour les collectivités d’apprendre les unes des autres. Si vous planifiez un dénombrement ponctuel, l’Espace de travail communautaire sur l’itinérance est l’endroit tout indiqué pour discuter de la planification et de la mise en œuvre de votre dénombrement – parmi d’autres questions liées à l’itinérance.

Que pouvez-vous faire dans l’Espace de travail communautaire sur l’itinérance?

✓ Commencer des sujets de discussion; poser des questions à propos de l’itinérance; proposer de nouvelles idées et revoir des pratiques anciennes;

✓ Répondre à vos collègues; renforcer vos réseaux locaux, régionaux et nationaux;

✓ Partager des ressources, des outils et des recherches;

✓ Promouvoir des événements; 

✓ Get in touch with the COH!

Le succès de l’Espace de travail communautaire sur l’itinérance dépend de vous – plus il y aura de membres qui s’y joindront et y participeront, plus l’Espace de travail deviendra un outil précieux.  

L’Espace est gratuit et il est facile de s’y inscrire; de plus, il est ouvert à tous! Lorsque vous y aurez jeté un coup d’œil, je vous encourage à envoyer vos commentaires à l’OCI ainsi qu’à l’Équipe du rond-point de l’itinérance. Nous sommes impatients de vous voir interagir. 

Université York; Observatoire canadien sur l'itinérance/Rond-Point de l'itinérance
Octobre 05, 2015

La technologie fait l'objet d'une croissance rapide et d'une innovation continue, et a longtemps été considérée comme un indicateur de statut social. C'est peut-être pour cela que les gens pensent que les téléphones cellulaires sont des articles luxueux, malgré le fait que la grande majorité des Canadiens en possèdent un (83 % des ménages avaient au moins un téléphone cellulaire actif en 2013, selon le dernier sondage de Statistique Canada .)

Vous savez sans doute déjà qu'il est presque devenu une nécessité de transporter votre iPhone, Blackberry ou Android où que vous alliez. Avec l'utilisation croissante des textos, des courriels et des applications exclusives aux téléphones mobiles, il s'agit souvent de la seule manière d'adéquatement gérer ses communications. Nous utilisons nos téléphones cellulaires pour rester en contact avec nos amis et la famille, pour trouver des emplois et poser notre candidature, pour nous sentir en sécurité et bien plus encore.

C'est aussi le cas des personnes itinérantes. Ils ont tendance à faire face à plus d'obstacles Ils ont tendance à faire face à plus d'obstacles — le stigmate et les difficultés financières, pour n'en nommer que quelques-uns — en ce qui concerne la technologie, mais la plupart d'entre eux finissent par les surmonter.

La plupart des personnes qui vivent l'itinérance possèdent un téléphone cellulaire

La recherche a montré que de nombreux sans-abri ont des téléphones cellulaires. Dans l'étude Karin M. Eyrich-Garg’s study of homeless people in Philadelphia , 44 % des participants adultes avaient déjà leur propre téléphone. (Parmi ces participants, 80 % le possédaient, 18 % l'empruntaient à long terme, et 2 % le louaient.)

Dans une autre étude , 70,7 % des patients sans abri qui se présentaient aux urgences avaient un téléphone cellulaire, comparativement à 85,9 % des personnes qui possédaient un logement stable.

De plus, dans Melody Kim, Melissa Cameron and Alex Fung’s study in San Diego , 8 sur 11 participants avaient un téléphone cellulaire et les autres cherchaient un remplacement.

De toute évidence, une grande partie de la population des sans-abri possèdent un téléphone cellulaire et cela semble être la norme plutôt que l'exception.

Used cell phones collected for a drive

Plus abordable qu'on ne croit

Comme nous l'avons remarqué dans notre section Itinérance 101 , la plupart des personnes vivent l'itinérance pendant moins d'un mois. Il est tout à fait possible de garder son téléphone fonctionnel au cours d'une si courte période de temps.

Cependant, étant donné que certains d'entre nous achètent des téléphones flambants neufs et paient plus de 100 $ en frais de données et d'utilisateur, on peut se demander comment il est possible de payer sa facture de téléphone lorsque l'argent se fait rare. En fait, les frais mensuels dépendent du type de téléphone, de l'opérateur et du type de service.

Un rapport publié par Wall Communications Un rapport publié par Wall Communications a étudié quatre forfaits différents. Ils ont trouvé que la facture de téléphone cellulaire moyenne s'élevait entre 34 $ et 80 $ par mois. Dans la recherche de Eyrich-Garg, près de la moitié des participants avaient des plans mensuels aux coûts différents et avaient des stratégies variées pour les payer.

Au Canada, certaines compagnies fournissent des plans mensuels moins dispendieux, dont beaucoup offrent des combinaisons différentes d'appels et de textos. En voici quelques-uns accompagnés de leurs bas prix et prix moyens : Wind (25 $ à 35 $), Koodo (35$ à 40 $), MobilCity (35$ à 40 $), PC Mobile (29 $ à 39 $), Virgin Mobile Canada (35 $ à 40 $) et Public (19 $ à 25 $).

Les cellulaires avec des plans à la carte sont des options bien plus abordables qui permettent à l'utilisateur de payer à l'avance et seulement pour ce qu'ils utilisent. Dans l'étude de San Diego , il s'agissait du plan de téléphone cellulaire le plus utilisé par les sans-abri.

Les personnes sans-abri ne possèdent pas toujours des appareils qu'ils avaient obtenus lorsqu'ils étaient logés stablement. Certains utilisent des appareils appartenant à des amis ou à de la famille, et d'autres trouvent des appareils abordables chez les prêteurs sur gages, les magasins d'occasion ou même les magasins à un dollar. S'ils utilisent des cartes de minutes prépayées, ils peuvent utiliser un téléphone cellulaire pour moins de 20 $ par mois.

Certains refuges d'urgence et programmes communautaires, tel Lifeline in California , donne même des téléphones gratuitement. À Vancouver, la P.H.S. Community Services Society a fait une collecte de téléphones usagés sans cartes SIM pour les sans-abri âgés qui vivent dans la pauvreté , afin qu'ils puissent appeler 911 en cas d'urgence.

Pourquoi les sans-abri ont-ils besoin d'un téléphone cellulaire?

Tel que je l'ai mentionné plus tôt, les sans-abri ont besoin d'un téléphone cellulaire en grande partie pour les mêmes raisons que les personnes logées. Dans un article de Mobiledia , Kat Aschayara nous décrit comment le Blackberry d'un sans-abri est important pour lui :

«Son téléphone est un moyen de communication important. C'est son outil le plus important et le plus pratique. Il peut appeler des endroits pour trouver du travail. Il peut appeler les refuges et les services sociaux pour savoir ce qui est disponible. Il peut appeler les transports en commun pour des renseignements sur les horaires. Le courriel et les textos sont également importants. Il peut être en contact avec les amis pour savoir s'il peut rester chez eux pendant une nuit ou deux, surtout si le temps n'est pas clément.»

Un participant dans l'étude de Kim, Cameron et Feng a affirmé : «L'aide que les téléphones peuvent apporter est considérable. Ils représentent une façon de communiquer avec les autres pour savoir où trouver les ressources, lorsque les possibilités se présentent.»

La sécurité est également un facteur. Un autre participant dans la même étude a fait la remarque que sans téléphonie fixe, et avec le nombre décroissant de cabines téléphoniques, il était obligé de se procurer son propre téléphone.

Enfin, il est important d'être connecté avec les autres personnes pour partager les ressources et les possibilités d'emploi, mais aussi pour la santé et le bien-être. Comme il a été découvert dans l'étude de Euryich-Garg, la connectivité sociale était une des raisons principales pour laquelle les sans-abri utilisaient des ordinateurs. Elle a écrit : «Les téléphones cellulaires permettent d'être connecté aux autres sans les contraintes physiques d'un téléphone fixe et peut rendre la communication, et par conséquent l'accès au réseau de soutien social, plus favorable pour les personnes itinérantes. Et cela peut aussi contribuer à une meilleure santé.»

Stephen Hwang et al. sont arrivés à des conclusions semblables dans leur étude des soutiens sociaux multidimensionnels et de la santé des personnes itinérantes , et a écrit : «L'accès à des types spécifiques de soutien sociaux grâce aux réseaux sociaux des amis, de la famille et/ou des voisins, peut avoir une influence protectrice sur une multitude de facettes de la santé des sans-abri.»

Même des relations sociales avec des étrangers ont de la valeur. Tel que Margaret Rock l'a écrit dans un article de 2machines :

«Les blogueurs sans abri, par exemple, peuvent être très utiles à ceux qui se trouvent dans des circonstances semblables. Les personnes qui se trouvent dans des situations difficiles sont de plus en plus présentes sur Twitter et utilisent des mots-clés ou des sujets reliés à l'itinérance. Un nom que l'on retrouve souvent est Mark Horvath à @hardlynormal. Mark est dévoué à fournir un forum aux sans-abri pour qu'ils puissent partager des ressources et des conseils et à leur montrer la voie pour naviguer dans ce nouveau monde effrayant. »

Pour de nombreux sans-abri, le téléphone cellulaire n'est pas un luxe. C'est une nécessité.

Ce billet fait partie de notre série «Demandez au Rond-point». Avez-vous une question reliée à l'itinérance? Envoyez-nous un courriel à thehub@edu.yorku.ca et nous vous donnerons une réponse basée sur les recherches.

Photo de Faye Bayko.

Septembre 29, 2015

Canadian skyCet après-midi, j’ai fait une présentation au Child & Family Homelessness Stakeholder Summit, organisé par Chez Toit, à Toronto. Ma presentation, illustrée de diapositives, peut être téléchargée ici. Pour accompagner la présentation, je vous ai préparé la liste suivante: « Dix choses à savoir sur l’itinérance au Canada. »

1. Les tentatives de dénombrer les personnes en situation d’itinérance ont généralement été intermittentes, mais il est raisonnable d’affirmer que l’itinérance au Canada a connu une croissance importante entre 1980 et 2000. Sur une base quotidienne à Toronto, il y avait environ 1,000 personnes par nuit séjournant dans les refuges d’urgence pour les personnes sans-abris en 1980. En 1990, ce chiffre avait doublé. Et dix ans plus tard, il y avait doublé encore pour s’élever à 4,000. Le chiffre de 4,000 par nuit, à Toronto, est demeuré relativement constant au cours des 15 dernières années, même s’il a légèrement augmenté à la suite de la récession de 2008-2009, un phénomène sur lequel j’ai déjà écrit içi. (Certes, le nombre de personnes vivant dans des refuges d’urgence pour les personnes sans-abris sur une base quotidienne est un indicateur plutôt étroit de l’itinérance. Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement, environ 13% des ménages canadiens ont un « besoin impérieux en matière de logement; » pour le Nunavut, le chiffre est un énorme 39%.)

2. Bien qu’il soit difficile d’établir un lien de causalité, je pense que des hypothèses relativement sûres peuvent être faites sur certains des principaux contributeurs à l’itinérance. Les chercheurs sont généralement prudents sur l’utilisation du terme causalité—en fait, il y a des tensions de longue date entre les disciplines académiques sur quelles approches méthodologiques sont nécessaires pour l’établir. Les statisticiens, par exemple, croient généralement que des essais randomisés contrôlés (ERC) sont nécessaires pour établir un lien de causalité; mais comme David Freedman a fait valoir, les ERC sont souvent «impossibles ou contraires à l’éthique» (Freedman, 1999, p. 255). Les chercheurs prudents préfèrent plutôt s’exprimer par des phrases comme: « Ces facteurs ont probablement contribué à cet effet, » ou « Je pense qu’il est probable que ceci a causé cela. » C’est dans cet esprit que je voudrais suggérer qu’il y a probablement trois principaux facteurs qui ont contribué à l’itinérance au Canada: 1) les facteurs macroéconomiques (en particulier le chômage); 2) les changements à notre système de protection sociale (y compris une diminution de la disponibilité de logements sociaux, voulue par le gouvernement); et 3) la conception et l’administration des politiques dont le but spécifique est de répondre directement à l’itinérance (souvent désignés comme des «réponses» à des systèmes sans-abri).

3. L’itinérance a des ramifications profondes sur la vie des enfants. Comme j’ai écrit en 2012: «Deux études ont été faites à Toronto sur l’effet du logement sur les enfants qui ont dû être mis en charge de l’assistance publique.  Les résultats des deux études indiquent que, dans un cas sur cinq, l’ état du logement de la famille était un facteur dans l’admission temporaire dans l’assistance publique. Ces résultats de la recherche de Toronto indiquent également que, dans un cas sur 10, la situation du logement a retardé le retour à la maison de l’enfant» (Falvo, 2012, p. 14). Une autre recherche estime que, sur une base annuelle à Toronto seulement, environ 300 bébés sont nés de mères qui sont sans abri. (Bien sûr, l’itinérance peut avoir des conséquences profondes sur la vie des adultes aussi. Pour en savoir plus, voir cette étude de 2007).

4. Le rôle du gouvernement fédéral du Canada dans le financement et du logement pour les personnes à faible revenu et des programmes pour les personnes sans-abri a varié considérablement au fil du temps. Les provinces et les territoires consacrent beaucoup plus de leur propre argent au logement pour les personnes à faible revenu lorsque le gouvernement fédéral mène. Ainsi, un nombre considérable de logements sociaux pour les Canadiens à faible revenu ont été construits à partir du milieu des années 1960 jusqu’au début des années 1990. Depuis le début des années 1990, relativement peu de lodgements sociaux ont été construits au Canada. Je tiens également à noter que la valeur annuelle, ajustée à l’inflation, du financement fédéral pour les personnes sans-abri d’aujourd’hui vaut seulement 35% de ce qu’elle valait en 1999.

5. Chaque province / territoire ne répond pas à l’itinérance de la même manière. Alors que beaucoup plus de logements subventionnés pour les personnes à faible revenu se construisent lorsque le gouvernement fédéral mène, les provinces et les territoires ne répondent pas toujours aux initiatives fédérales de financement de la même façon. Par exemple, entre 2002 et 2013, trois fois plus de logements subventionnés ont été construits en Alberta (sur une base par habitant) qu’en Ontario. Je dirais qu’ une force majeure derrière cette différence provient de la bonne performance économique de l’Alberta au cours de cette même période par rapport à celle de l’Ontario.

6. Bien qu’un chercheur attentif soit prudent en discutant ce qui provoque l’itinérance, je pense que nous savons beaucoup de choses sur ce qui la résout. Dans de nombreux cas, une personne qui séjourne dans un refuge d’urgence pour les personnes sans-abris le quitte, sans importantes ressources publiques. Dans certains cas, elle pourrait trouver un logement sans beaucoup d’aide publique; dans d’autres cas, la famille et les amis peuvent lui fournir une assistance à court terme—par exemple, un soutien financier, un canapé pour dormir, etc. (Pour en savoir plus sur la durée de séjour dans des refuges d’urgence pour les personnes sans-abris dans un échantillon de villes canadiennes, voir cette étude écrite en 2013.) Les chercheurs et les défenseurs des sans-abri en général ne considèrent pas les séjours à court terme un grand défi pour la politique publique—le plus grand défi est dans le cas des personnes qui séjournent dans des refuges d’urgence pour les personnes sans-abris (et en dehors) pour des périodes de temps plus longues. Même ici, cependant, je dirais que ce qui constitue une réponse politique efficace de la part d’un gouvernement n’est pas un mystère.

En effet, dès le milieu des années 1980, les petits organismes sans but lucratif de l’Ontario (et peut-être dans d’autres provinces aussi) ont trouvé le succès dans la construction de logements subventionnés pour les personnes qui avaient vécu la vie de sans-abri à long terme—ils l’ont fait en offrant du soutien professionnel pour aider ces locataires à vivre de façon autonome dans ces unités. Cettte approche est connue sous le non de logements supervisés—à Salus (un organisme à but non lucratif à Ottawa) il est connu aujourd’hui sous le nom de logements avec soutien. L’émergence de logements supervisés en Ontario est due en grande partie à la forte sensibilisation due à des groupes communautaires. Cela comprenait: le Singles Displaced Persons Project; le mouvement consommateur / survivant; le slogan «homes not hostels; » la fondation de Houselink Community Homes; et la fondation de Homes First Society.  Les conditions d’éligibilité pour de tels logements varient d’un fournisseur à l’autre. Dans de nombreux cas, le locataire n’a pas à prouver sa préparation pour le logement avant de recevoir un logement. En fait, Homes First Society a obtenu son nom parce que ses fondateurs croyaient que, pour ces locataires, il était nécessaire d’avoir une résidence avant d’aborder d’autres défis (santé mentale, toxicomanie, emploi, etc.).

Aujourd’hui, chercheurs, praticiens et défenseurs appellent cette approche «logement d’abord». Et très récemment, un heureux ERC de «logement d’abord» a été mené dans cinq villes canadiennes. (J’ai déjà écrit à propos de cette étude ici.)

7. Il y a plusieurs façons de rendre les logements disponibles pour les ménages à faible revenu; toutes impliquent le secteur privé à des degrés divers. Parfois, lorsque le gouvernement subventionne des logements pour personnes à faible revenu, il fournit de l’argent à une entité à but non lucratif qui développe, possède et exploite des unités. D’autres fois, le gouvernement fournit une subvention aux propriétaires (soit à but lucratif ou à but non lucratif); en échange de la subvention, le propriétaire accepte de louer des logements à un taux réduit pour une période de temps déterminée (par exemple, dans certains cas, pour 10 ans). Et d’autres fois, le gouvernement fournit de l’argent (souvent connu comme une indemnité de logement ou allocation de logement) pour les locataires à faible revenu qui louent alors une unité d’un propriétaire à but lucratif. Parmi les trois approches possibles, j’ai une préférence pour l’option où une entité à but non lucratif développe, possède et exploite des unités (et je l’ai déjà écrit à ce sujet ici). Cela dit, je pense qu’il y a une place pour les trois approches, selon le contexte local.

8. Certaines juridictions, pour répondre á l’itinerance, ont utilisé des systèmes sophistiqués d’ information.  De nombreuses organisations au service des personnes sans-abri à Calgary recuellient des renseignements sur leurs clients dans une base de données appelée Homelessness Management Information System­—système également utilisé dans de nombreuses villes américaines. Des renseignements concernant le client (âge, état de santé, statut d’emploi et statut du logement) sont entrés dans la base de données quand un apport initial est effectué. Plus tard, alors que le client reçoit des services, des renseignements actualisés sont entrés de nouveau; dans le cas de certains programmes, des évaluations de suivi sont effectuées tous les trois mois. Dans le cas de certains types de programmes, il y a à la fois des évaluations de sortie et, après fermeture, des évaluations de suivi. Tous les renseignements en matière de vie privée sont soumis à la législation provinciale. Ces données, une fois recueillies, sont utilisées de façons diverses. Par exemple, certains organismes les utilisent pour fournir des services de gestion de cas pour les clients. En outre, les bailleurs de fonds sont en mesure d’évaluer la performance de chaque organisation par rapport aux repères (c-à-d, le pourcentage de clients qui reçoivent un logement après une période de temps spécifique).

9. En ce qui concerne la prévention et la réponse à l’itinérance, la capacité du gouvernement de générer des revenus revêt une grande importance. Les gouvernements utilisent généralement des revenus générés par l’impôt pour financer à la fois les logements sociaux et d’autres programmes sociaux importants. Lorsque les recettes fiscales diminuent, de nombreux gouvernements ont moins d’argent à consacrer à ces programmes. Depuis le milieu des années 1990, les recettes fiscales au Canada (mesurées en pourcentage de notre produit intérieur brut) ont diminué sensiblement. Si cette tendance ne se renverse pas bientôt, il sera très difficile pour de nombreux gouvernements (provinciaux, territoriaux et municipaux) d’investir dans des programmes sociaux importants.

Il y a actuellement un mouvement qui préconise l’augmentation des impôts; il est dirigé par Alex Himelfarb, ancien greffier du Conseil privé. Alex et son fils Jordan ont récemment co-édité un livre qui preconise une taxation plus élevée au Canada.

(Remarque: selon certaines écoles de pensée, ce n’est pas nécessaire pour un gouvernement souverain avec sa propre monnaie de taxer davantage afin de financer les dépenses sociale. Pour plus de renseignement sur cela, lire ici.)

10. Au cours de la prochaine décennie, le Canada verra probablement une augmentation substantielle de l’itinérance chez les aînés et chez les peuples autochtones (Premières Nations, Métis et Inuits). Les personnes aînées et les peuples autochtones sont de plus en plus nombreux comme un pourcentage de la population totale du Canada. En outre, le pourcentage de personnes âgées vivant sous la mesure de faible revenu de Statistique Canada a augmenté considérablement depuis le milieu des années 1990. Je pense que tout cela fait qu’il est probable que ces deux groupes vont commencer à croître en tant que pourcentage des populations sans-abri du Canada.

Les personnes suivantes m’ont aidé à préparer le présent blogue: Maroine Bendaoud, Lisa Burke, George Fallis, Greg Suttor, Francesco Falvo, Louise Gallagher, Ali Jadidzadeh, Lisa Ker, Jennifer Legate, Kevin McNichol, Richard Shillington, Blake Thomas et Mike Veall. Toutes les erreurs sont les miennes.

Observatoire canadien sur l'itinérance
Septembre 24, 2015

Nous sommes heureux de présenter le nouveau site du Rond-point de l'itinérance! En plus d'un nouveau look et de plus de ressources que jamais, nous avons également apporté quelques changements structuraux au site afin de faciliter vos recherches de l'information dont vous avez besoin.

Visitons le Rond-point de l'itinérance en français et ses sections :

Le Rond-point de l'itinérance
Media Folder: 
  • Au sujet de l'itinérance - Cette section présente un aperçu des sujets touchant l'itinérance dans le contexte canadien.
  • Bibliothèque - Le Rond-point de l'itinérance ore la plus grande bibliothèque de recherche sur l'itinérance au monde. Allant des livres électroniques aux rapports communautaires et articles universitaires, peu importe votre sujet de recherche, nous pouvons vous procurer des renseignements exhaustifs sur n'importe quel aspect de l'itinérance au Canada.
  • Recherches - Vous trouverez ici des ressources conçues pour vous faciliter la tâche dans vos recherches. Vous pouvez également utiliser cette section pour vous mettre en contact avec d'autres chercheurs par l'intermédiaire de notre banque de données pancanadienne.
  • Galerie - Des ressources artistiques dont des vidéos et des documentaires, de la musique, de la poésie, de l’art et des pièces de théâtre.
  • Profils communautaires - À l'aide d'une carte interactive du Canada, vous pouvez accéder à des statistiques, des rapports et des plans spéciques à une collectivité et qui surveillent les tendances de l'itinérance dans les villes, communautés et régions d'un océan à l'autre.
  • Notre travail - Dans cette section, vous pourrez trouver tous nos rapports, documents, livres électroniques et sommaires de recherche qui mettent en lumière les oeuvres des meilleurs chercheurs canadiens sur l'itinérance.
  • Solutions - Cette section rassemble les ressources et les meilleures pratiques prometteuses et émergentes qui ont pour objectif d'éliminer l'itinérance. Vous trouverez un grand éventail de ressources dans cette section, dont des plans pour mettre fin à l'itinérance, des approches de système, des stratégies de prévention, des solutions de logement et une multitude d'autres sujets.
  • Blogue- Nous utilisons notre blogue pour discuter librement de sujets reliés à l'itinérance et pour orienter les lecteurs vers des ressources pertinentes dans notre bibliothèque. Nous orons trois caractéristiques régulières : une chronique du lundi sur des sujets touchant l'itinérance, une chronique du mercredi dédiée aux infographiques et une chronique du vendredi intitulée Demandez au Rond-Point où nous répondons aux questions que nous recevons par courriel ou par les médias sociaux. De plus, nous présentons régulièrement des blogueurs invités.
Université York; Observatoire canadien sur l'itinérance/Rond-Point de l'itinérance
Septembre 07, 2015
Onglets: Hiver

Tandis que l'hiver devient plus rude et que les Fêtes approchent, vous vous demandez peut-être ce que vous pouvez faire pour aider les personnes qui vivent l'itinérance dans votre collectivité? Voici cinq choses que chacun d'entre nous peut faire :

Sachez que les refuges d'urgence ne sont pas la seule solution

Bien que des refuges temporaires d'hiver ouvrent leurs portes dans la plupart des villes canadiennes cette saison, la plupart des refuges sont dépassés lorsque la température chute. C'était le cas dans les refuges de Calgary et les refuges de Waterloo au début du mois de novembre.

Cependant, le manque de place dans les refuges n'est pas la seule raison pour laquelle les sans-abri décident de ne pas y rester. Cela ne convient tout simplement pas à certaines personnes. Judy Grave, une défenseure des sans-abri, a déclaré sur Radio-Canada que «des problèmes tels la claustrophobie, l'agoraphobie et les maladies mentales peuvent empêcher les gens de se réfugier à l'intérieur.»

Dans le même article, Graves affirme que les personnes qui veulent aider ceux qui n'aiment pas les refuges peuvent leur offrir du carton (pour isoler l'espace entre leur corps et le froid du trottoir), des boissons chaudes, des couvertures ou des vêtements. Elle demande également aux gens de confirmer si les personnes itinérantes sont capables de déterminer par elles-mêmes si elles ont assez chaud pour rester dehors. Si elles n'en sont pas capables, il vaut mieux appeler le 911.

Découvrez s'il y a un centre de réchauffement dans les environs

Les températures extrêmes peuvent être très dangereuses. Bien que certains refuseront d'aller trouver un refuge à l'intérieur, les passants leur demanderont tout de même s'ils veulent aller au chaud. Dans son billet sur le sujet , Tanya Gulliver-Garcia a écrit :

«À titre de collectivité de citoyens responsables, nous pouvons demander directement à l'individu s'il désire aller à l'intérieur, et s'il refuse, nous pouvons appeler un service d'approche ou une patrouille de rue pour qu'ils viennent évaluer la situation. Donnez-leur des couvertures, des vêtements et des boissons chaudes s'ils insistent pour rester dehors. Si vous êtes réellement inquiet (par exemple, lorsque les gens enlèvent leurs vêtements, c'est un signe d'hypothermie), appelez le 911.)»

Si vous ne savez pas où se trouvent les centres de réchauffement de votre collectivité, la plupart des municipalités ont des numéros 211 (organismes sans but lucratif) et/ou des numéros 311 (services de la ville) qui fournissent ces renseignements.

Manteaux d'hiver donnés au Centre d'action bénévole<br />
Faites don de vêtements d'hiver ou de couvertures

Si vous avez des couvertures ou des manteaux d'hiver en trop, faites en don à un refuge d'urgence ou à un centre de dons locaux.

Au cours de la vague de froid qu'a connu Winnipeg fin novembre, Judy Richici de Siloam Mission a dit sur CTV dit sur CTV que les sans-abri se recouvrent de couches de vêtements pour se réchauffer : caleçons longs, écharpes, chaussettes chaudes, chapeaux, gants, gilets de corps et des jeans de bonne qualité sont tous des dons recommandés pour le temps froid.

Si vous désirez donner plus que des vêtements d'hiver, il y a deux billets de Tanya Gulliver-Garcia que vous devriez lire. Le premier aborde les dons et ce qu'il faut donner, et le deuxième couvre la mendicité et d'autres façons de donner de l'argent. En général, il est recommandé d'appeler l'organisme à l'avance pour découvrir ce dont ils ont besoin, ou s'ils ont même besoin de quelque chose. Parfois les refuges et les organismes caritatifs opèrent dans un espace restreint et le personnel ne peut pas toujours gérer tous les dons qu'ils reçoivent.

Appuyez un organisme ou un refuge local

Si vous avez le temps, pensez à faire du bénévolat auprès d'un organisme ou d'un refuge aidant les personnes qui vivent l'itinérance. La plupart de ces endroits ont toujours besoin d'aide supplémentaire, et surtout durant l'hiver.

Si vous n'avez pas beaucoup de temps à donner, vous pouvez aussi offrir un appui financier à ces organismes. Chacune d'elles décrit comment elles utilisent ces fonds (en général dans leurs rapports sur leur site web), de telle sorte que vous savez exactement où va votre argent.

Appuyez Logement d'abord et les initiatives de logements abordables

Enfin, bien qu'il soit important d'aider les personnes itinérantes à rester au chaud lors de températures extrêmes en hiver, nous devons aussi voir au-delà des interventions d'urgence et trouver des solutions au problème plus large et à long terme de l'itinérance.

Au Rond-point de l'itinérance, nous favorisons le modèle Logement d'abord , qui a pour but de fournir des logements aux individus avant d'attaquer les autres enjeux tels que le chômage ou les toxicomanies. Cette approche a connu du succès dans plusieurs villes canadiennes, tel que résumé dans notre livre de 2013, Logement d'abord au Canada . Si l'on ajoute à cela une augmentation des logements abordables, nous serons en mesure de considérablement réduire l'itinérance et la demande de services d'urgence.

Utilisez votre voix pour promouvoir ces initiatives! Votez pour des représentants qui préconisent une bonne stratégie pour lutter contre l'itinérance et construire des logements abordables, et écrivez une lettre à ceux qui ne le font pas. Entrez en contact avec des gens qui ont les mêmes intérêts ou des organismes communautaires qui se préoccupent de l'itinérance et des logements abordables, car ils offrent souvent des campagnes d'approche auxquelles vous pouvez participer. Lorsqu'il s'agit de mettre fin à l'itinérance, chaque effort compte.

Ce billet fait partie de notre série «Demandez au Rond-point». Avez-vous une question reliée à l'itinérance? Envoyez-nous un courriel à thehub@edu.yorku.ca thehub@edu.yorku.ca et nous vous donnerons une réponse basée sur les recherches.


Photo: KOMUNews on Flickr

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