Population

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Personne n’est à l’abri de l’itinérance. Personne ne choisit d’être un sans-abri et cela peut arriver à n’importe qui. Dans la plupart des cas, l’itinérance advient en raison d’un entrecroisement de facteurs structurels, d’histoires personnelles et de caractéristiques individuelles. Les facteurs structuraux comprennent : le fossé grandissant entre les riches et les pauvres; la baisse de la disponibilité de logements abordables, de soutiens et d’assistance sociale; et la discrimination et le racisme. Les histoires personnelles et les caractéristiques individuelles comprennent : les événements catastrophiques, la perte d’emploi, l’éclatement de la famille, l’apparition d’une maladie mentale et/ou d’une autre maladie incapacitante, la consommation de substances personnelle ou par des membres de la famille, une histoire d’abus physique, sexuel ou émotionnel, et une participation aux services d’aide à l’enfance. Il y a des sans-abri dans chaque communauté au Canada, même si on ne les voit pas dans la rue. La plupart des personnes sans abri ne vivent pas dans la rue.

Les familles pauvres et monoparentales qui travaillent et qui ont des enfants vivent souvent dans des foyers surpeuplés. Elles ne sont pas en mesure de se permettre un logement adéquat et d’en même temps nourrir et habiller les enfants. D’un bout à l’autre du Canada, environ un utilisateur de refuges sur sept est un enfant. Les femmes sont très sujettes à l’itinérance car elles sont souvent les victimes de violence domestiqueet de façon générale, gagnent moins d’argent que les hommes. Les nouveaux venus sur le marché des logements locatifs, et tout particulièrement les jeunes, les immigrants et les réfugiés, sont forcés de louer des domiciles qu’ils ne peuvent pas se permettre et sont à un chèque près de l’expulsion. Bon nombre de personnes âgées doivent faire face à l’expulsion et à l’itinérance en raison de leurs revenus fixes, de la hausse des loyers et des impôts, et du déclin de leur santé physique et mentale. Un grand nombre de jeunes sans abri, et en particulier les jeunes gais, lesbiennes, bisexuels et transgenre, vivent dans des refuges ou chez des amis parce qu’ils fuient des situations abusives. Les minorités visibles risquent souvent de devenir des sans-abri en raison des préjugés raciaux et des disparités dans l’emploi. Les Autochtones sont touchés par une multitude de ces facteurs contributifs ainsi que de : migration, conditions d’habitation du niveau du tiers monde (sur les réserves), perte d’identité culturelle et système scolaire résidentiel.

Il n’est pas aisé de comprendre les facteurs qui entraînent l’itinérance lorsqu’on considère l’hétérogénéité de la population et les nombreux chemins qui mènent à l’itinérance. Les chercheurs reconnaissent de plus en plus que toute analyse de l’itinérance doit tenir compte de tous les défis distincts auxquels les sous populations doivent faire face. De plus en plus d’organismes communautaires commencent à reconnaître la valeur des données démographiques dans le but de rationaliser leurs programmes de services aux sans-abri locaux. En utilisant des outils tels une base de données pour trouver des informations sur la démographie et les caractéristiques de leurs clients, les organismes communautaires pourront mieux orienter leurs approches et services pour répondre aux besoins spécifiques des personnes qu’ils desservent. r Bien que la collecte de données ne peut en elle-même résoudre tous les problèmes ou aider à prendre toutes les décisions, elle aidera à éclaircir les choses et à établir un point de départ pour planifier des programmes et des services appropriés.