L’état de l’itinérance au Canada 2014

L’état de l’itinérance au Canada 2014

Le Canada approche un carrefour important dans notre réponse à l’itinérance. Depuis que l’itinérance est devenue un problème de taille dans les années 90, ou plus exactement une crise, après le retrait des investissements du gouvernement fédéral dans les logements abordables, les communautés ont eu des difficultés à intervenir. La baisse des salaires (même le salaire minimum ne s’est pas aligné avec l’inflation des territoires du Canada), les niveaux réduits des prestations – y compris les retraites et l’assistance sociale – et le rétrécissement de la provision de logements abordables font que de plus en plus de Canadiens risquent l’itinérance. Pour un petit groupe non sans importance de Canadiens faisant face à des défis de santé physique et mentale, le manque de logements et de soutiens entraîne une augmentation de l’itinérance. Les mesures préventives, telles que les «banques d’aide au loyer» et les «energy banks», conçues pour aider les gens à conserver leur logement, n’arrivent pas à enrayer le flot vers l’itinérance. Le résultat a été une explosion de l’itinérance en un problème visible et apparemment toujours présent.

Au cours des dix dernières années nous avons beaucoup appris sur ce qu’il faut effectuer pour mettre fin à l’itinérance : le besoin de passer de l’attention fixée sur la gestion du problème (en raison d’une surdépendance des services et des soutiens d’urgence) à une stratégie qui favorise la prévention et, pour ceux qui deviennent sans-abri, de les placer rapidement dans un logement aux soutiens adéquats. Le succès du projet At Home/Chez Soi démontre qu’avec un logement et les soutiens appropriés, les sans-abri chroniques peuvent être logés et le rester. Bien que certains domaines nécessitent encore du travail − il nous faut de meilleures solutions au problème de l’itinérance chez les jeunes, des femmes fuyant la violence et de l’itinérance chez les Autochtones – nous commençons à trouver des solutions sur le plan de l’intervention.

La pièce manquante du casse-tête, cependant, reste le logement abordable. Le déclin de la disponibilité des logements à bas prix (et en particulier des logements locatifs) affecte de nombreux Canadiens : jeunes qui s’installent, parents célibataires, personnes travaillant pour des salaires bas, et personnes âgées. Ce déclin a aussi contribué au problème de l’itinérance de façon considérable.

Le rapport de l’État de l’itinérance au Canada 2014 établit le cours de l’élimination de l’itinérance au Canada. Nous savons suffisamment bien quels facteurs ont contribué à l’augmentation importante de l’itinérance au cours des 25 dernières années. Étant donné que nous connaissons le problème, nous sommes aussi en mesure de proposer la solution.

Infographie aussi disponible en anglais

ORGANISATION: Observatoire canadien sur l'itinérance; L’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance
ÉDITEUR: Marsolais, Allyson
DATE DE PUBLICATION: 2014
EMPLACEMENT: Canada