Logements transitoires

Logements transitoires

Le terme « logement de transition » désigne un type de logement de soutien temporaire visant à combler le temps entre l’itinérance et le logement permanent en offrant une structure, une supervision, un soutien (relativement aux dépendances et à la santé mentale, par exemple), des aptitudes à la vie quotidienne et, dans certains cas, de l’information et une formation.

« Le logement de transition est conçu comme une étape entre les abris d’urgence et le logement permanent. Il s’agit d’une solution à plus long terme, qui offre des services plus intensifs et privés que les abris d’urgence, mais qui reste limitée à des séjours de trois mois à trois ans. Il vise à fournir un environnement sûr et favorable où les résidents peuvent surmonter un traumatisme, commencer à régler le problème qui les a amenés à l’itinérance ou les y a maintenus, et à reconstruire leur réseau de soutien. »

Les programmes de logement de transition étaient habituellement situés dans des environnements particuliers et des types de bâtiments particuliers, où on disposait de plus d’espaces collectifs et de moins d’espaces privés que dans les environnements de logement permanent. Toutefois, le concept du logement de transition a évolué et de nouvelles approches intégrant des logements dispersés sont à présent adoptées. Dans ces cas, certains soutiens de transition sont considérés comme mobiles.

Le logement de transition, à titre d’approche, a longtemps été vu comme faisant partie du continuum du logement des personnes itinérantes, et en particulier des sous-populations, comme les jeunes. Toutefois, au cours des dernières années, cela est devenu quelque peu controversé, en particulier à la lumière de la réussite des modèles de Logement d’abord, qui n’exigent pas de « préparation » à la transition. Eberle Planning and Research a établi deux problèmes clés :

« 1) Les programmes de transition récompensent ceux qui réussissent en leur exigeant de déménager.

2) Ils ne peuvent être efficaces que si des logements abordables indépendants sont disponibles par la suite ».

Une autre inquiétude concerne la nature limitée dans le temps des logements de transition. La plupart des programmes au Canada établissent une durée de séjour maximale, qui est souvent plutôt courte (en général une année, mais il existe d’autres exemples au Canada dans lesquels les jeunes peuvent rester dix-huit mois ou plus). Néanmoins, malgré ces critiques, on peut faire valoir que les logements « de transition » ou « provisoires » restent nécessaires dans les situations où l’offre de logements abordables est insuffisante et lorsque l’on traite avec des sous-populations telles que les jeunes.

Bien que certaines études canadiennes plus importantes aient été réalisées sur le rôle des logements de transition au sein d’une gamme de possibilités de logement pour les personnes en situation d’itinérance, on a réalisé étonnamment peu de recherches évaluatives sur l’efficacité des programmes de logement de transition pour les jeunes au Canada. Les principales exceptions comprennent le rapport récent Live, Learn, Grow, qui étudie les documents publiés sur le modèle Foyer; une étude d’Eva’s Phoenix, un programme basé à Toronto qui a obtenu des résultats positifs, et Peel Youth Village. Toutefois, aucune étude longitudinale n’a été réalisée sur l’efficacité à long terme de ces programmes pour les jeunes au Canada, ou pour déterminer s’ils réussissent à aider les jeunes à emménager dans un logement stable par la suite.

La situation est la même aux États-Unis. Dans leur document d’information sur la politique en matière d’itinérance des jeunes pour la Opening Doors Homelessness Strategy de 2010, le United States Interagency Council on Homelessness regrettait que bien qu’il existe 130 programmes de logement de transition aux États-Unis servant 4000 jeunes par an selon des estimations, on ne dispose que peu de données au sujet de l’efficacité de ces programmes. Un certain nombre de projets de recherche sur les logements de transition sont toutefois désormais en cours aux États-Unis.

DE : Gaetz, S. (2014). Coming of Age - Reimagining the Response to Youth Homelessness in Canada. Homeless Hub Research Report Series.