Foyers

Foyers

Les foyers sont un excellent exemple d’innovation sociale dans le domaine du logement de transition. Ils offrent un modèle de vie intégré dans lequel les jeunes sont logés pour une plus longue période de temps, acquièrent des aptitudes à la vie quotidienne et sont inscrits dans des programmes d’études ou des formations, ou obtiennent un emploi. Il s’agit d’un modèle de logement de transition destiné aux jeunes, qui a connu une grande popularité au Royaume-Uni, en Australie et ailleurs, et peut servir d’inspiration pour la façon dont nous pourrions répondre aux besoins en logement des jeunes itinérants, et en particulier des adolescents itinérants et des jeunes qui sortent de maisons d’accueil (protection de l’enfance) ou de centre de détention juvénile. Le modèle des foyers est actuellement mis à l’essai dans au moins deux villes canadiennes (Calgary et Edmonton) sous des formes qui adaptent le modèle à notre contexte et intègrent les innovations importantes.

L’une des forces du modèle Foyer est qu’il existe un vaste ensemble de recherches évaluatives à son sujet. Il existe de nombreux exemples de la façon dont il a été appliqué sous diverses formes au Royaume-Uni et en Australie. Pour ce qui est des modèles de logement, le modèle des foyers a été appliqué de façon souple, grâce à des logements collectifs, à des modèles de logements dispersés, et à des approches associant les deux (Modèles Hub et Spoke). Les recherches réalisées sur les modèles de logements de transition destinés aux jeunes, y compris les foyers, ont établi quelques caractéristiques importantes des modèles de logements de transition. Celles-ci comprennent ce qui suit :

  • Axer le projet sur les besoins des adolescents et des jeunes adultes.
  • Les jeunes adultes doivent démontrer qu’ils souhaitent un changement.
  • Adopter une approche axée sur la clientèle de la gestion des cas et s’assurer que les jeunes ont accès à toute une gamme de services (qui peuvent être offerts à l’interne ou à l’externe).
  • Permettre aux jeunes ayant jusqu’à 25 ans de rester aussi longtemps qu’ils en ont besoin. Les jeunes ne doivent pas sortir et devenir itinérants ou devenir autonomes de façon prématurée, en raison des limites établies de la location.
  • Des plans clairs doivent être élaborés et mis en œuvre à l’appui du passage à la vie autonome et à la vie adulte.
  • Se concentrer sur le développement personnel, les aptitudes à la vie quotidienne et l’amélioration de l’estime de soi grâce à des relations favorables entre la clientèle et le personnel.
  • Offrir des possibilités de mobilisation aux jeunes, au sein de leur collectivité et par le biais d’activités de loisirs.
  • Fournir des installations de plus petite taille ou des approches fondées sur des sites dispersés qui se démarquent des milieux plus « institutionnels ».
  • Offrir un soutien financier lorsque cela est nécessaire, pour que les jeunes n’aient pas à consacrer plus de 30 % de leurs revenus à leur loyer.
  • Les possibilités d’études et de formation doivent être une orientation centrale.
  • Un suivi après les séjours en foyer doit être mis en place lorsque les jeunes quittent les logements de transition.

La forme des logements de transition et le modèle des programmes connexes doivent être conçus pour répondre aux différents besoins des jeunes, ce qui comprend le type de logement et d’installation. Dans de nombreux programmes de logement de transition, les jeunes vivent dans une installation commune et reçoivent un soutien permanent. Dans l’idéal, les jeunes devraient avoir accès à des chambres individuelles ou à des chambres communes (selon leur âge ou leurs besoins) et ils devraient disposer d’espaces de loisirs et d’espaces sociaux. L’environnement de vie collective est important pour certains jeunes, qui tireront parti de la présence de compagnons et d’un niveau plus élevé de soutien quotidien. Ce type d’installation institutionnelle pourrait être préférable pour les jeunes adolescents. Par exemple, un jeune de 14 ou même de 16 ans pourrait avoir besoin des soutiens d’un programme de logement de transition pendant plusieurs années (et certainement plus d’une), et d’un soutien de suivi. Cette première étape n’est que l’un des éléments du cheminement en matière de logement d’un jeune qui devient itinérant.

Il existe également des modèles de logement de transition qui ne sont pas institutionnels et qui constituent une approche plus décentralisée ou plus dispersée du logement. Pour les jeunes qui sont défavorables aux milieux de type institutionnel, ces logements de transition permettent de vivre de façon autonome ou en petits groupes, et les soutiens nécessaires sont mobiles. L’avantage de cette innovation est qu’elle soutient les personnes en vue de leur sortie de l’itinérance, leur donne plus de contrôle sur leur occupation et constitue une solution de rechange à un milieu de vie institutionnel. Cette solution pourrait convenir tout particulièrement aux jeunes qui quittent la prise en charge (maisons collectives) ou la détention juvénile. Ce qui différencie le logement de transition des logements à encadrement renforcé (ci-dessous) est que les jeunes ne contrôlent pas le bail, bien qu’il existe des modèles qui permettent la conversion du bail (c.-à-d. qu’après un certain temps, le jeune peut reprendre le bail). Enfin, il est essentiel de tenir compte de l’emplacement du logement, car comme l’ont indiqué Karabanow et Naylor, de nombreux jeunes qui ont de la difficulté à sortir de la rue préfèrent les logements éloignés des zones où les jeunes de la rue se rassemblent, ce qui réduit le risque d’un retour à la participation aux activités de la rue.

L’une des difficultés de tous les modèles de logement de transition est de négocier un passage sans heurt d’un logement temporaire à la vie autonome. L’une des innovations qui facilitent cette transition comprend l’utilisation de baux convertibles. Les jeunes qui ont vécu seuls pendant peu de temps pourraient préférer une solution de logement dans laquelle ils ne sont pas responsables du bail dès le départ. Toutefois, avec le temps et à mesure qu’ils gagnent en autonomie, le bail peut être transféré au jeune, afin qu’il n’ait pas à déménager, et en fonction de leurs besoins, certains niveaux de soutien continuent de leur être fournis. L’avantage de cette approche du logement de transition est qu’il n’y a pas de durée établie de séjour et que les jeunes sont en mesure d’acquérir plus de contrôle et d’autonomie à mesure qu’ils vieillissent. Cette approche du logement de transition a été mise en œuvre dans quelques milieux canadiens. En Australie, le Youth Head Lease Transfer Scheme (qui fait désormais partie de Same House, Different Landlord) est en place depuis plusieurs décennies. Ce programme de « bail convertible » a évolué avec le temps et des évaluations ont démontré son efficacité pour aider les jeunes qui sont sortis de l’itinérance à passer à la vie autonome. En outre, lorsque les jeunes sortent de ce type de logement pour passer à la vie autonome, ils peuvent souvent apporter leurs meubles avec eux.

Alors que nous créons plus de réponses efficaces à l’itinérance des jeunes, le logement de transition doit être configuré de façon à fournir des soutiens à plus long terme aux jeunes, pour qu’ils puissent acquérir des aptitudes à la vie quotidienne et accroître la capacité de chacun d’eux à devenir autonomes sur le plan économique et socialement intégrés à la collectivité. Contrairement aux modèles précédents qui limitent le temps de résidence, ces soutiens doivent être très souples et non limités dans le temps, fondés sur l’âge auquel le jeune entre dans le programme et sur ses besoins.

RESSOURCES CLÉS :

Live, Learn and Grow: Supporting Transitions to Adulthood for Homeless Youth                                           

Par Stephen Gaetz et Fiona Scott

Foyer Toolkit

DE : Gaetz, S. (2014). Coming of Age - Reimagining the Response to Youth Homelessness in Canada. Homeless Hub Research Report Series.