Peuples autochtones

Peuples autochtones

« Personnes autochtones » est un terme collectif que comprend la diversité des cultures des Premières Nations, Inuits et Métis. Le terme « Premières Nations » désigne les personnes qui se désignent comme telles et qui pourraient ou non être inscrites sous ce titre en vertu de la Loi sur les indiens. Selon l’Assemblée des Premières Nations, la population des Premières Nations compte plus de 50 nations et groupes linguistiques différents et est composée de 634 communautés de Premières Nations (ou réserves). Les Inuits sont les descendants du peuple Thulé et ont occupé certaines parties des régions nordiques du Canada depuis des centaines d’années avant l’arrivée des Européens. Les Métis sont les descendants d’ancêtres à la fois autochtones et européens et ont leur propre culture, langue (Michif), territoire traditionnel (le territoire traditionnel des Métis comprend le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta, des parties de l’Ontario, la Colombie-Britannique, les Territoires du Nord-Ouest et le Nord des États-Unis) et un sentiment de faire partie d’une même nation.

Les personnes autochtones qui vivent dans des zones urbaines présentent un taux d’itinérance disproportionné et représentent un pourcentage important des populations itinérantes dans les villes. D’après Patrick (2014) « Certaines sources suggèrent que l’itinérance des personnes autochtones dans les principales zones urbaines s’élève à 20 à 50 % de la population totale des itinérants, alors que d’autres indiquent que cette fourchette pourrait être bien plus large– de 11 à 96 %. »

En réalité, des recherches réalisées par Belanger et al (2013) ont conclu qu’une personne autochtone sur 15 vivant dans les centres urbains est itinérante, contre une sur 128 pour la population générale. Cela signifie que les personnes autochtones qui vivent dans les villes sont huit fois plus susceptibles de devenir itinérantes.

Les conditions de logement dans les réserves et dans les communautés de Métis et d’Inuits sont souvent insalubres, ce qui a poussé certains chercheurs et activistes des questions autochtones à déclarer que la vie dans les logements dans les réserves devrait également être considérée comme une forme d’itinérance.

L’itinérance chez les personnes autochtones découle du traumatisme historique, de l’oppression, du racisme et de la discrimination. On peut soutenir qu’elle devrait être considérée comme une conséquence de la colonisation et de l’exploitation qui a résulté de la conquête de l’Amérique du Nord par l’Europe. Des abus et des traumatismes importants sont survenus dans le cadre des pensionnats qui ont servi à héberger et à éduquer les enfants autochtones. En outre, la razzia des années 1960, pendant laquelle on a pris les enfants autochtones pour les placer dans des familles blanches dans le cadre du système de protection de l’enfance, a engendré des familles et des ménages instables. De nombreuses difficultés personnelles (y compris des dysfonctionnements familiaux, l’abus de substances, la dépendance, les problèmes de santé et la violence communautaire) auxquelles font face les personnes autochtones et qui contribuent à l’itinérance peuvent être directement reliées à différents types de traumatismes historiques. Les problèmes structurels peuvent comprendre la transition des réserves à la vie dans les villes, le racisme, la discrimination par les propriétaires de biens immobiliers, le faible taux d’études et d’emploi.

En conséquence, les recherches indiquent que les personnes autochtones ont un niveau d’études plus faible, une plus mauvaise santé, des taux de chômage plus élevés et des revenus plus faibles que les personnes non-autochtones. Des problèmes sociaux graves découlent également des traumatismes historiques, y compris les taux d’incarcération élevés et les taux de suicide importants chez les jeunes.

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