Planification des sorties - Corrections

Planification des sorties - Corrections

Quitter les services correctionnels et la planification efficace de la sortie

Un ensemble croissant de recherches canadiennes est axé sur la relation bidirectionnelle entre l’itinérance et la prison. C'est-à-dire que les personnes itinérantes sont plus susceptibles d’être emprisonnées, et qu’elles sont surreprésentées dans la population carcérale. En outre, en raison de l’inadéquation de la planification de la sortie et des politiques et pratiques de réintégration des personnes déclarées coupables et des personnes en attente d’un procès sur renvoi, de nombreux anciens prisonniers sont libérés directement en situation d’itinérance. La sortie des personnes de prison représente un échec des politiques et de la pratique. Parce que sans un soutien de transition adéquat et adapté (ce qui comprend le logement), il y a un risque de récidive et d’itinérance. Un ensemble solide de résultats de recherches en témoigne.

Bien que les recherches montrent que dans le cas des personnes qui sortent des centres correctionnels, l’attention portée à la planification de la sortie et au soutien en vue de la réintégration dans la vie autonome a des avantages en vue de la réduction du récidivisme, de l’augmentation de la sécurité publique et de la réduction de l’itinérance, ces preuves sont souvent en contradiction avec les politiques consistant à être « inflexible envers le crime » qui, d’une certaine façon, engendrent le contraire (cela est particulièrement important dans le contexte canadien, où nous mettons en œuvre des politiques qui s’appuient sur les enseignements tirés des erreurs faites aux États-Unis entre 1970 et 1990).

Malgré ces antécédents, il existe des programmes qui fournissent un soutien fondé sur une compréhension des difficultés auxquelles font face les délinquants au moment de leur réintégration. Un examen récent de la littérature* par le projet VESR a établi les approches et services suivants qui sont jugés efficaces pour aider les détenus à maintenir ou à trouver et entretenir un logement après leur libération. Nombre de ceux-ci sont peu communs ou inexistants au Canada.

  • Programmes permettant aux détenus de conserver leur logement pendant leur incarcération.
  • Planification de la réintégration commençant au moment de la sentence.
  • Programme ciblant en particulier les détenus qui sont susceptibles de devenir itinérants lorsqu’ils seront libérés.
  • Programmes qui fournissent des renseignements sur les services de logement ou qui entretiennent des registres de propriétaires dans la région ou l’ex-délinquant souhaite vivre.
  • Lois, y compris des lois empêchant les propriétaires de discriminer les candidats sur la base des dossiers criminels, et des politiques qui définissent certains ex-prisonniers comme un groupe prioritaire aux fins du logement.
  • Transfert du délinquant dans des installations préalables à la libération près de la région où le délinquant souhaite vivre, pour qu’il puisse commencer à chercher un logement et du travail, à reprendre contact avec sa famille et ses proches, et accéder à des soutiens communautaires.
  • Utilisation des services communautaires dans les prisons pour fournir un meilleur soutien aux détenus qui ont été itinérants et à ceux qui souffrent de troubles mentaux ou de dépendance, ou personnes atteintes de TCAF.

Non seulement le fait de veiller à ce que les personnes libérées de prison aient accès à un logement sûr et abordable améliore leurs chances dans la vie, mais cela bénéficie aussi aux collectivités, car les taux de récidive diminuent. En d’autres termes, l’offre d’un logement aux délinquants libérés est une question de logement et de réduction de la criminalité.

AUTEUR : Gaetz, Stephen (2014) Homeless Hub.

* Lafleur, Harrison et O’Grady, à venir